Molpé Music

A PROPOS

Une création à la Fondation Royaumont centrée autour du trio familial, qui ouvre vers le sous continent indien et vers la percussion occidentale avec deux instruments à cordes frottées qui tantôt concertent tantôt soutiennent l’édifice rythmique.

Générosité et ouverture, sésame de cette distribution hors du commun, pour permettre de transmettre et de partager une musique savante dans une architecture précise : pièces séquences faisant l’aller retour entre l’intérieur -méditatif, contemplatif- et l’extérieur -festif, explosif- sans jamais oublier les fondamentaux : le plaisir, le groove, la jubilation.

Keyvan Chemirani élargit la grammaire rythmique persane du trio familial (zarb, daf, udu) aux syntaxes de l’Inde (Prabhu Edouard, tablas) et de l’improvisation européenne (avec Stéphane Galland, d’Aka Moon, batterie).

Le recours aux cordes (Vincent Segal au violoncelle et Sokratis Sinopoulos à la lyre crétoise), dépasse le mélodique pour s’intéresser aux timbres et au micro-tonal. Le chant est présent, porté par chacun des sept instruments.

Une langue inconnue et familière s’invente ici.

The Rhythm Alchemy

La place de la percussion a toujours été à part dans la musique dans les musiques traditionnelles savantes orientales. Dans son premier rôle, celui d’accompagnateur, elle n’est pas le premier maillon. La force du texte est porté par la voix, le chant sublimé par les instruments mélodiques et enfin les percussions se placent pour essayer de mettre en valeur les lignes mélodiques. Le rythme et la métrique forment alors le squelette sur lequel est bâti toute l’architecture, se pose tout le corps musical.

Le second rôle, celui de soliste, permet aux artistes d’exprimer toute leur sensibilité et d’explorer, parfois de manière spectaculaire, l’infini variété des timbres, des rythmes et des couleurs des percussions. 

Tout le programme du « Rhythm Alchemy » est basé sur cette dualité.  Sur certaines pièces les percussions mettent en valeurs les magnifiques musiciens mélodistes présents, ou portent les poèmes mystiques persans du 12ème, 13eme siècle (Hâfez, Rumi…) scandés par Djamchid Chemirani.

Sur d’autres pièces donc c’est le rôle “d’instrument concertant » des percussions qui est mis en valeur, explorant de multiples facettes et mettant en valeur l’incroyable diversité et richesse à la fois de langage et d’expressivité de ces instruments.

Cette question de la tradition et de la modernité m’a toujours semblé un faux débat. Le musicien traditionnel est un musicien de “l’ici et maintenant » Bien sûr le musicien a reçu l’apprentissage d’un maître qui lui a transmis son (précieux !) savoir, lui-même ayant appris avec un maître etc…Mais les éléments de langages eux même, les techniques instrumentales, les formes sont mouvantes, changeantes et jamais figées. Ce n’est pas un hasard si l’improvisation a toujours tenu une place importante dans les musiques savantes orientales. Elle permet d’exprimer et transmettre les sentiments que l’on ressent au moment de jouer (joie, mélancolie etc…) et parfois le musicien lui-même s’étonne des formes qu’il créé pendant le concert.

Mon frère Bijan et moi-même avons eu la chance de grandir avec un maître des percussions persanes à la maison, notre père Djamchid Chemirani. Nous avons grandi avec des maîtres de la musique persane qui venaient et jouaient à la maison -souvenir d’enfance de soirées mémorables ! Il nous a transmis le savoir traditionnel et aussi une philosophie de l’ouverture qui a influencé tout notre développement musical. En entendant notre père mêler les sonorités du zarb (la percussion en forme de calice traditionnelle persane) à d’autres genres musicaux ou artistiques (le jazz, la musique ancienne, la musique contemporaine…) nous avons compris que cet instrument pouvait être un sésame pour rencontrer d’autres artistes ayant d’autres racines mais avec cette même volonté de rencontre, de partage, de découverte, en conservant comme priorité la quête du sens musical.

Célébrations des rythmes, alchimie !

Pensé autour du trio familial, le programme s’ouvre donc complètement, et en particulier vers le monde des percussions du sous-continent indien, à la mathématique, la virtuosité et le haut degré de langage stupéfiant (le charismatique et virtuose Prabhu Edouard, mais aussi vers la principale percussion occidentale : la batterie ! (superbe Stéphane Galland)

Le caractère modal, oriental, des compositions est porté par deux immenses musiciens grec et français : Sokratis Sinopoulos et Vincent Ségal, respectivement à la lyra et au violoncelle.

Le rapport au rythmes scandés, chantés est aussi important (les poèmes mystiques, le konnokol de l’Inde ou le beat box incroyable de Julien Stella !)

Cette célébration, vous l’avez compris, se fait avec un casting exceptionnel de musiciens c’est une joie et une immense fierté de partager cet enregistrement et la scène avec eux.

Leur générosité et leur ouverture sont le sésame indispensable pour permettre de transmettre et de partager une musique savante dans une architecture précise : pièces séquences faisant l’aller-retour entre l’intérieur – méditatif, contemplatif – et l’extérieur – festif, explosif – sans jamais oublier les fondamentaux : le plaisir, le groove, la jubilation.

 

Keyvan Chemirani

CONCERTS

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