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Mohamed Abozekry

Mohamed Abozekry est né au Caire en 1991. A l’âge de 11 ans, il suit quatre ans durant, l’enseignement du maître du Oud iraquien Naseer Shamma, ainsi que celui des égyptiens Hazem Shaheen et Nehad El Sayed. Début 2007, il obtient à 15 ans, avec prix d’excellence, le diplôme de soliste et de professeur de la très réputée Maison du Luth Arabe (Beit El Oud) du Caire. Il devient le plus jeune professeur de Oud du monde arabe.   Compositeur et interprète, Mohamed a maîtrisé, au sein de ses études à la Maison du Luth Arabe, le répertoire musical égyptien, le répertoire de musique arabe classique et contemporaine, ainsi que les différents styles traditionnels de l’école turque et irakienne. Depuis 2004, à l’âge de 12 ans, il a plusieurs fois accompagné Naseer Shamma sur scène en Egypte et au Moyen-Orient. Il a fait partie également de l’Orchestre d’Orient où il a accompagné de grands artistes orientaux tels que Ross Daly et Derya Turkan. En août 2009 à Damas, il est nommé meilleur joueur de Oud du monde arabe de l’année lors de son obtention du Premier Prix au « Concours international du Oud ».   Son talent et sa virtuosité sont alors fortement reconnus dans les pays arabes. Il commence à développer, au gré de ses rencontres avec des musiciens issus d’horizons différents, un style qui lui est propre, mêlant la musique orientale à d’autres musiques du monde (latines, tzigane, indienne) et à d’autres influences (jazz, blues, rock). Il fait alors le projet de partir à l’étranger.   A 18 ans (2009) le jeune prodige décide de poursuivre son parcours en France, afin d’élargir ses compétences en étudiant la théorie de la musique occidentale dans le cadre de la Faculté de Musicologie de l’Université de Lyon. Il y découvre un nouvel environnement de musiciens cosmopolites qui l’inspire et le pousse à avancer dans l’interprétation et dans la composition. La recherche dans différents styles musicaux devient la perspective essentielle de son travail afin d’apporter une modernité constante dans sa pratique du Oud.   En 2011, il crée son projet HeeJaz, issu de rencontres au Caire : avec le guitariste Guillaume Hogan en 2007, puis de la percussionniste Anne-Laure Bourget en 2008, et à Lyon du contrebassiste Hugo Reydet. Un Quartet entre jazz et musiques du monde, où les influences respectives de chaque musicien se mélangent pour devenir un support parfait à ses envolées musicales. Invités pour la soirée d’ouverture de saison à l’Institut du Monde Arabe à Paris en 2011, ils se produisent en 2012, avec le soutien des Alliances Françaises, au Moyen-Orient et en Amérique Latine. En 2013, remarqués par des professionnels de renom (Rémy Kolpa Kopoul, André Manoukian) ils entament une longue tournée devant un public enthousiaste et conquis. Avec une centaine de concerts à leur actif, ils sortent leur premier album à Paris en mars 2013 : "Chaos" (distribué par le label Celluloid Records).   Inspiré par la création de musiques de films, Mohamed Abozekry compose pour plusieurs projets : "18 jours" (collectif de réalisateurs égyptiens en hommage à la révolution) présenté au Festival de Cannes en 2011, "The Camp" documentaire de l’égyptien Tamer Eissa (2013), "Nsibi" court-métrage du réalisateur franco-algérien Hassene Belaïd (2014). Entre autre collaboration, il est invité par Philippe Cohen Solal (Ya Basta Records) sur le nouvel album de Féloche (remix du titre « Silbo ») qui sort en octobre 2013 sur une version en édition limitée. Sélectionné par Rémy Kolpa Kopoul, il se produit au Comedy Club à Paris en mars 2013 pour une fusion originale élaborée en duo avec Ezra, caïd de human beatbox. Aujourd’hui installé entre Paris et Lyon, il travaille sur plusieurs projets dont le développement en Quintet du concept de son groupe : HeeJaz Extended (Anne-Laure Bourget, Hugo Reydet, le pianiste Ludovic Yapoudjian et le saxophoniste Benoît Baud). De nouvelles compositions vers une nouvelle direction artistique et une nouvelle fusion musicale.   Il présente cette nouvelle formation lors d’un concert à guichet fermé à l’Institut du Monde Arabe en novembre 2013 et prépare actuellement le deuxième album (sortie début 2015). Expérimentant toujours un nouveau style de jeu au Oud et se tournant résolument vers la composition, Mohamed Abozekry a le talent de son ambition et l’imagination fertile.   Mohamed Abozekry tourne actuellement avec son nouveau projet, Karkadé. Signifiant littéralement “fleur d’Hibiscus”, Karkadé désigne également une boisson que l’on trouve un peu partout en Égypte. Ce projet se déclinera en trois volets : le premier se penche sur la musique classique, essentiellement développé au Caire, au nord du pays. Elle sera illustrée par un samai rast qu’il a spécialement composé, basé sur un jeu rythmique et mélodique proche des musiques de sultans. Le deuxième aborde la musique soufie qui s'est installée dans le sud de l’Égypte (El Saʿid). C’est une déclaration d'amour à Cheikh Ahmad Al-Tuni, une recherche des tourneries de derviches qui ne s'arrêtent jamais, sur une basse en peau de dehola ou de percussion dôf. Enfin, avec la complicité de ses musiciens, il conclura avec les mélodies populaires du XXe siècle, qui rythment la vie paysanne égyptienne, tout au long des berges du Nil.


    Vincent Peirani

    Vincent Peirani est le jeune accordéoniste que tout le monde s’arrache. Après le défricheur Richard Galliano, il entend continuer à ouvrir des horizons nouveaux à l’accordéon. Vincent Peirani a commencé par étudier la clarinette à part égale avec l’accordéon, avant de finalement opter pour ce dernier qu’il qualifie « d’orchestre à lui tout seul ». Il a été le premier accordéoniste à entrer dans la classe de jazz du Conservatoire de Paris. Entre 1994 et 1998, il a écumé les concours internationaux pour en ramener une moisson de récompenses. En 2003, il a obtenu le premier prix d’Orchestre du Concours National de Jazz de la Défense pour son duo avec Vincent le Quang. Depuis il a multipplié les collaborations tous azimuts. Rien que cette année on a pu l’entendre avec Michel Portal, la chanteuse You Sun Nah, Richard Bona, il est aussi partie prenante du nouveau quartet de Daniel Humair. Sans compter sur ses propres projets, en solo, en duo avec Emile Parisien, son trio Thrill Box (Bénita / Wollny) avec lequel il commence sa collaboration avec le prestigieux label allemand ACT Music. Peirani est de cette jeune génération de musiciens sans frontières, sans limites serait-on tenté de dire. Etudes classiques, puis il va embrasser tour à tour la musique contemporaine, la variété (Sanseverino, Les Yeux Noirs) et le jazz (Daniel Humair, Michel Portal...). Sa si jeune carrière est déjà parsemée de diamants. Dans le difficile exercice du solo, Vincent fait preuve d’une grande maturité, intensément dans la musique et cependant en prise permanente avec le public. Il enchaine non sans humour, compositions et réinterprétations dans un même bonheur. Chaque note, chaque harmonie surprennent et trouvent en même temps l’évidence. Les univers sonores de son accordéon se jouent de tout, le savant y tutoie le populaire. Découvert au Mans avec le « Départemental Tour » de Melosolex en 2007, aujourd’hui on ne parle que de lui ! De la Campagnie des Musiques à Ouïr à Roberto Alagna en passant par Daniel Humair, Laurent Korcia, Les Yeux noirs ou Sanseverino, Vincent Peirani est l’accordéoniste que tout le monde s’arrache ! Un parcours de virtuose avec des études classiques jalonnées d’innombrables récompenses puis un virage vers le monde du jazz, il est aujourd’hui absolument incontournable et la grande révélation sur l’instrument pour ces dix dernières années ! "Sa musique" est une chose rare et évidemment précieuse qu’il ne faut évidemment pas manquer !


      Bijan Chemirani

      Au milieu des années 80, à 7 ans, Bijan Chemirani s’empare d’un instrument de musique pour la première fois. Ce que ses doigts font alors jaillir du zarb de papier mâché que son père a rapporté d’Iran, est un rythme imparfait. Mais à force d’écoute, d’observation et d'entraînement, Bijan, comme son père ou son frère Keyvan, deviendra un maître du zarb. Ce tambour de bois, également appelé tombak est taillé en forme de calice et recouvert d’une peau de chèvre ou de chameau. Son rôle est central dans la musique classique persane. Djamchid, le père de Bijan, est arrivé de Tehéran au début des années soixante. Ce percussionniste virtuose fut l'élève d'Hossein Teherani, qui le premier a fait passer le statut du zarb de percussion d’accompagnement à instrument soliste. En France, ce tambour singulier attire les aventuriers. Au fil des années, Djamchid collabore avec Maurice Béjart ou Peter Brooks et, en bon pédagogue, transmet son savoir à des musiciens comme Jean-Claude Drouet ou Bruno Caillat et bien sûr à ses enfants. Il les initie aussi à la riche culture persane, la poésie soufie, le chant classique ou le répertoire radif. Bijan, s’oriente d’abord vers la vielle kamanché puis s’essaye au piano ou à l’accordéon avant de revenir à la percussion familiale. Il étudie le zarb en tête à tête avec son père ou en trio avec son aîné Keyvan. A l’école, Bijan n’est pas acharné, la musique prend toujours le dessus. Il joue autant qu’il peut, découvre d’autres percussions, tambours sur cadre bendir, petit tambourin riqq ou cruche udu et se passionne pour le rock, le rap ou les grands chanteurs iraniens. A 18 ans il convainc ses parents de le laisser vivre pour et par la musique. Mais, alors qu’il pensait continuer son apprentissage sur un rythme tranquille, Djamchid le met au pied du mur. Il l’envoie à Zurich pour le remplacer le temps d’un concert au sein du Percussion Orchestra, qui réunit des percussionnistes de toutes traditions. Lors de ce premier contact avec le public, le trac lui ôte la moitié de ses capacités et l’aurait découragé sans l’accueil enthousiaste de ses partenaires d’un soir. A la fin des années 90, Djamchid et Keyvan proposent à Bijan de les rejoindre pour créer le trio Chemirani. Leur complicité virtuose épate les amateurs de musiques traditionnelles comme les mélomanes éclairés. Le goût de l’aventure les pousse à multiplier les collaborations. La rencontre avec Ross Daly s’avère particulièrement marquante. Ce musicien irlandais, installé en Crète, a repris à son compte le vocabulaire musical de l’île grecque, il manie comme personne la lyra ou le laouto, redynamise une tradition tombée en désuétude après la dictature en lui apportant sa vision généreuse de musicien libre. Pour Ross Daly, « La musique traditionnelle a autant besoin de se nourrir de l’inspiration des musiciens d’aujourd’hui que de la connaissance du passé ». Cette philosophie est un déclic pour Bijan autant que la musique et les musiciens qu’il découvre. Habitant Marseille, Bijan est en contact étroit avec l’imaginaire voyageur de la méditerranée, comme avec les recherches de fonds et de formes des jeunes musiciens occitans. Son esprit est ouvert et ses capacités ne cessent de s’accroître. En 2001, son premier album solo Gulistan, reflète son parcours. On y retrouve son frère et son père, Ross Daly et le grec Socratis Sinopoulos, mais aussi le compositeur Henri Agnel ou le chanteur occitan Manu Théron. Un an plus tard, sur Eos, son travail de compositeur s’affine autant que son horizon s’élargit. En plus des percussions, il joue du luth saz. A ses côtés apparaissent le chanteur sénégalais Pape N’Diaye, le multi instrumentiste Loy Erhlich, le guitariste jazz Pierre Ruiz, le joueur de doudouk arménien Levon Minassian, ses sœurs Mardjane et Maryam au chant et surtout le musicien crétois Stelios Petrakis. Avec cet ancien élève de Ross Daly l’aventure se poursuit sous la forme d’un disque en duo, Kismet, et d’un premier concert de leur répertoire lors du festival-salon Strictly Mundial à Marseille en 2003. La réputation de Bijan grandit et les collaborations se multiplient. Sa dextérité et la grande étendue de sa palette attirent des artistes de toutes confessions : le saxophoniste Jean-Marc Padovani, le clarinettiste Yom, le mandoliniste Patrick Vaillant, le guitariste flamenco Juan Carmona, la vocaliste marocaine Amina Alaoui, la bretonne Annie Ebrel ou le marseillais Sam Karpienia. Même l’ancien Noir Désir, Serge Teyssot-Gay ou l’ex Police, Sting font appel à son agilité. En 2007, il fonde le groupe Oneira en compagnie de sa sœur Maryam et de la chanteuse grecque Maria Simoglou, du joueur de flûte ney Harris Lambrakis, du guitariste Kevin Seddiki et du joueur de vielle Pierlo Bertolino. Laboratoire de traditions croisées et de rêves partagés ou chacun apporte son inspiration et son talent, Oneira sort un premier album en 2009 Si La Mar suivi en 2012 de Tâle Yâd. En parallèle d’Oneira, il trouve le temps de jouer avec le trio familial, le trio Lopez, Petrakis, Chemirani, le projet Forabandit qui réunit l’ancien Dupain, Sam Karpienia et le musicien turc Ulaş Ozdemir ou de travailler à son rythme à un projet de disque solo.


        Titi Robin

        Musicien baigné dans les eaux des cultures méditerranéennes, à la fois compositeur et interprète, Titi Robin est un héritier de cet univers qui va des pourtours de la Méditerranée vers ce vaste courant culturel et philosophique issu de l’Asie Centrale et de l’Inde. Artiste contemporain, il puisa depuis le départ dans cette richesse culturelle, qu’elle soit musicale, poétique ou philosophique, la matière de son discours de créateur. Le poète Alisher Navoï comme le romancier Yashar Kemal, le cantaor Camaron de la Isla comme le oudiste Munir Bashir seront de ses inspirateurs. Aucune route, aucun paysage, n’est la copie conforme de ce qu’il a vu ailleurs. Ce qu’il tente de décrire, dans la joie comme la douleur, avec exigence, c’est son ciel intérieur. Il cherche d’un même geste à rendre hommage aux traditions qui l’ont nourri et à tracer son chemin d’artiste contemporain. L’acte créateur le dépasse, le traverse, et projette son désir vers un horizon qu’il pressent. Il soutient que la subtile poésie du soufisme est toujours demeurée, dans son travail musical, un modèle esthétique fondamental d’équilibre entre la chair du sens et sa forme artistique. "Ne me demande pas qui je suis, moi, Machrab le vagabond : là où l’homme brûle, de mes larmes j’arrose le feu et je vais."

        La musique et la poésie de Titi Robin expriment ce que le langage commun a souvent du mal à capter : l'extrême solitude de l'âme, la vérité nue de l'émotion, la grandeur délicate de l'amour parfois teintée de violence, que la beauté du monde peut éveiller en chacun d'entre nous.