Mohamed Abozekry

    Il n’a pas encore 24 ans, et pourtant, il a déjà plusieurs vies et a arpenté une bonne partie de la planète. Mohamed Abozekry, Egyptien de naissance, a adopté la France depuis 6 ans, enfin, c’est la France qui l’a adopté. Un tel talent, ça se remarque vite. Il a été consacré meilleur joueur de ’oud du monde à 18 ans, en 2009 à Damas.   Mohamed Abozekry a largement dépassé le cadre du luth arabe, cet instrument dodu et tranchant à la fois. Le jazz, le flamenco, le latino sont ses territoires cousins. Et, comme le confirment deux albums à son nom, il brûle de faire tomber les barrières, sans pour autant brouiller ses fondamentaux. Mohamed Abozekry est évidemment un virtuose de son
    instrument, certes il impressionne, mais il ne se contente pas d’un Niagara de notes, il fait parler sa musique. Elle raconte.   Mohamed est né au Caire dans une famille d’amoureux de la musique classique arabe. Fasciné par son oncle qui jouait le ‘oud tous les vendredis dans les réunions de famille, il commence l’apprentissage de cet instrument. Naseer Shamma, le ‘oudiste Irakien qui a monté, toujours au Caire, la Maison du Luth Arabe en 1989, le prend sous son aile. Le gamin ne perd pas de temps, à 15 ans, il intègre l’«Orchestre d’Orient» dirigé par Shamma, un groupe multi-nationalités avec de grands musiciens tels que Ross Daly, un Irlandais qui croise les musiques de toute la Méditerranée, le turc Derya Turkan et l’indien Dhruba Ghosh. Et le voilà voyageant dans tout le Moyen Orient, le Maghreb, les Etats du Golfe. En même temps, son diplôme de la Maison du Luth en poche début 2007, il enseigne le ‘oud, tout en continuant ses études.   Avant d’arriver en France, son truc, c’est le troc, avec un pote français : leçons de ‘oud contre cours de langue, à ce train on progresse vite. C’est ainsi qu’en septembre 2009, il débarque à Lyon à 18 ans, pour des études en licence de musicologie. A la fin de sa première année universitaire il maîtrise la langue et monte son premier groupe HeeJaz ! Evidemment, «Chaos», le 1° album, ne tarde pas. Bon succès, tournées en France, notamment à l’Institut du Monde Arabe, ainsi qu’en Afrique, Amérique Latine et Asie. Parmi ses nouveaux amis, Denis Péan, la voix (et les textes) du groupe angevin Lo’Jo. Il lui ouvre ses horizons musicaux et l’encourage. Et il rencontre Marcel Khalifé, poète et chanteur libanais installé en France, avec lui, il apprend à casser les règles. Mohamed n’oublie pas pour autant sa terre natale, il retourne souvent en Egypte mais s’imprègne des sons d’ailleurs.   Et, surtout, il prend le temps. Dans son second disque, plus abouti dans la composition, plus ouvert sur l’improvisation et sur les sonorités latines, notamment le flamenco si proche, il cultive aussi les respirations : « quand je joue, j’apprends à écouter les musiciens qui m’entourent, c’est trop facile d’être toujours en avant, je leur laisse plus de place ou à vrai dire je laisse la place à la musique. Et puis je ne me sens pas obligé de meubler tous les silences ». Mohamed a les oreilles curieuses, il adore Coltrane et Astor Piazzolla. Avec son 2° disque «Ring Road», ce jeune troubadour moderne a pris la tangente. Il a déjà pas mal vécu. Son ‘oud a beaucoup à raconter. L’histoire s’écrit... en arabesques » Rémy Kolpa Kopoul, ConneXionneur
Spectacles
Dates
  • 27 Juil 2018

    Mohamed Abozekry

    Krems an der Donau (A-)
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