Jivan Gasparyan

    "J'ai toujours désiré créer de nouveaux sons pour le duduk et expérimenter plusieurs choses. L'idée me vint de créer un quartet pour de nouvelles tonalités aux duduks, alto et basse, de manière à ce qu'ils puissent sonner comme un chœur. C'était une tâche extrêmement difficile, spécialement au niveau des arrangements, sélections, et créations personnelles." Jivan Gasparyan.

    Se souvenir, ne pas oublier l’exil, le devoir de mémoire, sont parfois à la source d’une nécessité créatrice. Nombre de musiciens arméniens n’échappent pas à cette urgence première. C’est le cas du joueur de doudouk Jivan Gasparyan.

    Né en 1928 dans le

    village arménien de Solag, proche de la capitale Erevan Jivan Gasparian a joué de cet instrument toute sa vie.

    Le répertoire de Gasparyan se compose majoritairement de chants populaires arméniens mais il est aussi un compositeur et chanteur de tradition populaire accompli. Outre ses compositions originales et ses arrangements d’airs traditionnels, il a composé des chansons d’amour sur les poèmes de Vahan Derian.

    Quatre fois médaille d’or lors de concours internationaux organisés par l’UNESCO (1959, 1962, 1973, et 1980), il est à ce jour le seul musicien honoré du titre d’Artiste du peuple, décerné en 1973 par le gouvernement arménien. Professeur au Conservatoire d’Erevan, Jivan Gasparyan a formé plus de 70 professionnels.

    Enseignant passionné, Il a également tourné en Europe, en Asie et au Moyen-Orient, donné de nombreux concerts à New York et Los Angeles, devant Staline où Kennedy, une mémoire vivante du 20éme siècle. Il a joué avec l’orchestre philharmonique de Los Angeles et avec le quatuor Kronos Quartet. Plus récemment, il a contribué à la bande-son de Gladiator, dernier exemple en date d’une collaboration de longue date avec le cinéma, à Hollywood et en Europe. En 2002, âgé de 73 ans, Gasparyan a reçu un WOMEX pour l’ensemble de sa carrière.

    Cet album sera le dernier du grand maître ; un album désiré comme un passage de relais officiel, car il enregistrera pour la première fois avec son petit fils Jivan Gasparyan Jr ainsi qu’avec Vazgen Makaryan et Armen Ghazaryan. Le souhait de l’artiste est d’enregistrer un quatuor de Duduk, ce qui n’a jamais été fait, afin de repousser encore les limites de son instrument.

    Sont utilisés les  quatre grands types de duduk, qui varient en longueur entre 24 cm et 40 cm et en sonorité, avec une tessiture allant d’une octave à une quarte ou une tierce. Cela permet au son du duduk d’exprimer diverses atmosphères selon le contenu de la pièce et du contexte dans lequel les musiciens jouent. Le long duduk de 40 cm, par exemple, est idéal pour les chansons d’amour, tandis que le plus petit accompagne généralement les danses.

    Pour cet enregistrement si particulier, M. Gasparyan a enregistré en Arménie, dans le monastère Geghard à l’acoustique fantastique, avec l’ingénieur du son allemand Walter Quintus, véritable référence en la matière.

Spectacles
A l'écoute
Photos